24.2%%… Seulement 24.2% des déchets plastiques sont recyclés à ce jour en France, contre une moyenne européenne à hauteur de 32.5% (étude réalisée en 2020 par PlasticsEurope). L’objectif fixé par le Gouvernement Français d’ici à 2025 est de 100%, d’après la loi AGEC. Qu’est-ce-qui explique ce taux si bas ?

Eh bien, il n’y a tout simplement pas assez de filières différentes pour recycler l’ensemble des différents plastiques qui sont couramment utilisés dans les produits que nous consommons et jetons. En effet, prenons l’exemple des bouteilles d’eau en plastique (PET), dont la consommation est extrêmement répandue et le tri, entré dans nos habitudes : de nombreuses filières de recyclages existent et permettent de nettoyer, et de transformer ces bouteilles en granules de plastique qui seront réemployées pour d’autres objets, dont des objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires. La mécanique est donc bien rôdée. Ce qui n’est pas le cas d’autres matières pétrochimiques comme le polypropylène (PP) qui compose notamment les bouchons plastiques ainsi que les barquettes alimentaires.

Par ailleurs, concernant ces déchets, le tri reste relativement marginal, ce qui ne permet pas aux filières existantes d’avoir assez de volume de déchets pour continuer à perdurer.

Granules de plastique

Boîte alimentaire en polystyrène expansé

Au-delà du volume parfois trop faible à revaloriser, il y a également la problématique du rendement.

Par exemple, le polystyrène expansé (PSE) est longtemps resté inintéressant pour les filières du recyclage. En effet, cette fois-ci contrairement au PP, nous disposons d’un volume suffisant de déchets à traiter, et il s’agit souvent de déchets volumineux. Néanmoins, lors du process de recyclage, ce matériau génère 98% de gaz et seulement 2% de matière valorisable qui peut ensuite être réutilisée. Ce qui explique donc l’entrée en vigueur de l’interdiction de distribuer des boîtes burgers en PSE, depuis le 03.07.2021.

A ce jour, il est question que cette interdiction s’élargisse en 2025, à l’ensemble des emballages alimentaires fabriqués en polystyrène (PS), comme les barquettes pour la viande par exemple.

Ensuite, il y a également la complexité de certains objets/déchets qui sont composés de plusieurs matières plastiques ayant chacune des propriétés différentes, et dont les process de recyclage sont également différents. Cela imposerait donc de créer spécifiquement des filières distinctes pour traiter ces déchets, et ainsi procéder au tri des matières qui le composent.

Enfin, il y a également le cas des articles, principalement électroniques, dont l’accès aux substances plastiques entrant dans sa fabrication, est rendu difficilement accessible de par leur conception. L’extraction de ces matériaux en imposerait une manipulation plus longue qu’un déchet plastique « classique » en centre de tri. Qui plus est, dans les déchets électroniques, nous ne retrouvons qu’entre 5% et 30% de matières re-valorisables.

En parallèle, nous générons de plus en plus de déchets et surtout de déchets plastiques, qu’ils soient issus des consommables (comme pour des barquettes plastiques par exemple), ou de biens d’équipements devenus obsolètes (objets électroniques, …). Chaque année, chaque Français produit 573kg de déchets et cette quantité a doublé en 40 ans (source ADEME, enquête Collecte). Et parmi les plus grosses sources de déchets, on retrouve :

  1. Les ordures ménagères (269kg, soit 47%, parmi lesquelles on retrouve de nombreux déchets plastiques qui ne sont pas triés, mais que nous ne pouvons comptabiliser)
  2. Les matériaux recyclables (109kg, soit 19%, dont 67kg rien que de plastique destiné au recyclage via la poubelle jaune)
  3. Les déchets verts et biodéchets (75kg, soit 13%)
  4. Et ensuite, on retrouve les encombrants, les déblais, gravats et déchets dits « dangereux » (comme les équipements électriques et électroniques).

Source : https://www.mtaterre.fr/sites/default/files/exposition_serd_2017.pdf